Les medecins Italiens devront dénoncer leur patient...et le secret médical dans tout ça ?
Le gouvernement a déclaré la « guerre » aux clandestini (étrangers en situation irrégulière).
Les lois raciales
et anticonstitutionnelles fusent de toute part avec le « paquet sécuritaire », visant je cite « à protéger les Italiens ». Pourtant, en Italie la première cause de mortalité
est dûe aux cancers (augmentation de 30 à 40% des leucémies à Taranto). Protéger les Italiens c'est donc lutter contre la pollution environnementale, mais
c'est aussi aller contre la mafia (et ce n'est pas ce que font les dirigeants).
Cette loi supprime une des dispositions (l'art.35, loi de 1998) qui garantissait l'accès des clandestini aux soins, donc aux structures
sanitaires publiques et interdisait aux praticiens de signaler les clandestini aux pouvoirs publics (sauf dans les cas de blessures provenant de délits ou de crimes). Aujourd'hui, le texte de loi prévoit la possibilité pour le personnel médical de dénoncer le clandestino qui vient se faire soigner. Pour les medecins, praticiens hospitaliers, ce texte de loi est anticonstitutionnel. L'article 32 de la constitution est
censé garantir la santé : «comme droit fondamental de l'individu ».
Le gouvernement s'acharne pour lutter contre l'immigration, pourtant, le mal qui ronge l'Italie de l'intérieur est la mafia (qui est elle même au pouvoir), et c'est également le jem'enfoutisme vis à vis de l'écologie/environnement... Tous les ans Berlusconi promet de régler le problème de la pollution qui consumme l'Italie du Sud. Pourtant, depuis plus de 15ans rien n'a changé.
Les effets pervers de cette loi se font déjà ressentir. Le gouvernement affirme se battre pour la vie, pourtant cette loi alimente une peur qui risque de faire mourir les clandestins.
Pour le docteur Battista : «Il naîtra des soins parallèles. » ou alors « arriverons des malades qui pendant des jours sont restés cachés, agravant leur condition : l'état devra dépenser encore plus pour les soigner ».
Le constat se fait ressentir : il y a une semaine les clandestini étaient plus nombreux dans les services des urgences en Italie. Les salles d'attente des centres de consultation médicaux et des services des urgences habituellement fréquentés par les étrangers se sont vidées. Beaucoup, pensent que la loi est déjà en vigueur et ne viennent plus, de peur d'être dénoncé et renvoyé dans leur pays. Que se passera t-il si les parents clandestini, par peur, ne porteront plus leur enfants malades de méningite ou de tuberculose ?
Dans les hopitaux, des affiches ont commencés à fleurir : « nous ne ferons pas les délateurs », « ici on ne dénonce pas » « la politique ne peut pas penser faire peur aux
étrangers en situation irrégulière en nous utilisant ». Les médecins contestent le texte de loi, invoquant leur code de déontologie. Ils sont soutenus activement par Amnesty International,
MSF, Emergency...
Dans le même temps, un autre amendement (aussi pitoyable que celui évoqué précedemment) proposé par la Lega afin de lutter « contre l'insécurité » a été adopté. Le but est de créer des « rondes de citoyens » qui « quadrilleront les villes et pourront collaborer avec les autorités locales pour signaler des «atteintes à la
sécurité urbaine » ». Ces justiciers de la nuit, existent depuis des années dans certaines villes du Nord de l'Italie (gérées par la Lega).
Aujourd'hui, forcée de constater amèrement que « L'Italia lentamente muore » (l'Italie meurt lentement). A petit feu, Berlusconi et ses potes de la Lega arriveront à détruire ce pays à
coup d'amendements tous plus anticonstitutionnels et antidémocratiques les uns que les autres. Alors, il ne reste qu'à espérer un tournant politique comme
celui qui est advenu aux Etats-Unis. Les choses finiront par changer, du moins je l'espère...
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